Les voix humaines

Documentaire
Français
En développement

Une petite pièce vide, pour un spectateur. Pourquoi un seul ? Parce que si nos rêves sont peuplés de mille apparitions, c’est toujours seul qu’on y entre.

Alors que la télévision de Radio-Canada en était à ses premiers balbutiements, l’actrice Monique Miller imposait déjà sa présence incandescente avec les pionniers Paul Blouin, Louis-Georges Carrier, Jean-Paul Fugère ; elle s’est glissée dans la psyché des personnages parmi les plus complexes chez Pirandello, Dostoïevski et Shakespeare avec une grâce hors du commun ; elle a donné souffle aux créations de Marcel Dubé, Hubert Aquin, Françoise Loranger, Michel Brault et plonge aujourd’hui sans demi-mesure dans l’univers de leurs contemporains Olivier Choinière, Mani Soleymanlou et Robin Aubert.

Monique n’oublie rien. La mémoire de l’interprète n’a d’égale que sa passion pour la culture théâtrale et cinématographique québécoise. Le parcours de l’actrice a enrichi plus d’un demi-siècle de notre histoire, Portant plusieurs centaines de personnages créés en 70 ans de carrière. À 86 ans, l’infatigable Monique Miller est sans contredit une révélatrice de notre mémoire.

Une pièce vide. Une salle de théâtre déserte apparaît sur les quatre murs. La voix hypnotique de l’actrice du temps présent, jamais nostalgique, entraine peu à peu le spectateur dans les dédales de ses souvenirs, où fiction et réalité documentaire s’entremêlent.

Une centaine d’heures de matériel d’archives audio-visuelles, des trésors insoupçonnés enfouis dans leur passé, juxtaposées à la voix sans âge de l’actrice; une mise en scène qui se déploie sur quatre murs, laissant au spectateur la liberté de donner un sens intime au film selon l’endroit où il posera son regard.

L’actrice au crépuscule de sa vie, qui est l’épicentre du sujet, fait surgir autour d’elle, dans une dynamique circulaire, des fragments de son existence entrecoupés de passages de La voix humaine, – œuvre phare de Jean Cocteau qui donne vie à la troublante lucidité d’un être conscient de sa nature éphémère. Le documentaire expérientiel sera le cœur de ce tableau vivant où Monique Miller incarne l’ensemble de ces temporalités et où l’architecture filmée du théâtre se fait matérialisation de sa psyché, questionnant notre rapport au temps, à la pérennité et à l’art.

SCÉNARISTE ET RÉALISATEUR

Larissa Corriveau

AVEC LA PARTICIPATION DE

Monique Miller

PRODUCTRICE

Catherine Chagnon